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🏢 Organisation

ONA : comment l'analyse des réseaux organisationnels identifie le vrai décideur

L'Organizational Network Analysis révèle ce que les organigrammes cachent : qui influence vraiment les décisions d'achat.

Marc Rousseau
Marc Rousseau
CEO & Co-fondateur
· 6 min de lecture

Les organigrammes mentent. Pas intentionnellement — mais ils ne montrent que les relations formelles, hiérarchiques, officielles. Ils ne montrent pas qui déjeune avec qui, qui consulte qui avant une décision importante, qui a l'oreille du DG même sans le titre correspondant. L'Organizational Network Analysis (ONA) est la discipline qui cartographie ces réseaux d'influence invisibles — et ses implications pour la vente B2B sont profondes.

Qu'est-ce que l'ONA ?

Née des travaux de sociologues comme Ronald Burt et des développements de l'analyse des réseaux sociaux, l'ONA est une méthode qui cartographie les relations réelles dans une organisation en analysant qui communique avec qui, qui sollicite qui pour prendre des décisions, et qui joue un rôle de pont entre des équipes qui ne se parlent pas naturellement.

Trois types de nœuds critiques en ONA
Les hubs d'influence : personnes centrales dans de nombreuses conversations. Souvent des managers de niveau intermédiaire, pas toujours les C-suite.

Les brokers : personnes qui font le lien entre des groupes déconnectés. Leur pouvoir vient de leur position structurelle, pas de leur autorité formelle.

Les isolés : personnes peu connectées, marginalisées dans le réseau décisionnel. Même avec un titre élevé, leur influence réelle peut être limitée.

Pourquoi le vrai décideur n'est pas toujours le plus haut placé

Une étude publiée dans Harvard Business Review (Cross & Parker, 2004) a montré que dans la plupart des organisations, 20 à 30% des collaborateurs sont impliqués dans 70 à 80% des échanges d'information à valeur ajoutée. Ces personnes sont les nœuds critiques du réseau décisionnel — et elles ne correspondent que partiellement aux organigrammes officiels.

En vente B2B, cela signifie que votre interlocuteur titré "Head of Sales" peut en réalité avoir une influence limitée sur la décision finale, tandis que son Chief of Staff ou son "Revenue Operations Manager" — des titres moins impressionnants — sont les vrais gardiens du processus de validation.

La question n'est pas "qui a le pouvoir formel de dire oui ?" mais "qui a le pouvoir informel d'empêcher le oui ?" Ces deux questions ont rarement la même réponse.

Signaux ONA détectables sans accès interne

L'ONA classique nécessite un accès aux données internes de l'organisation. Mais il est possible d'inférer une grande partie de la structure d'influence à partir de signaux publics :

Les connexions LinkedIn communes — qui, dans votre réseau, est connecté à plusieurs personnes du compte ? Ces personnes sont probablement des hubs ou des brokers.

Les mentions dans les posts — qui tague qui ? Les mentions publiques révèlent les relations de confiance et d'admiration dans un réseau.

Les historiques de parcours — des personnes qui ont travaillé ensemble dans des entreprises précédentes maintiennent des liens forts, même si elles ont maintenant des rôles différents dans la même organisation.

Les participations aux mêmes événements — les personnes qui assistent aux mêmes conférences, qui sont dans les mêmes groupes LinkedIn, partagent des intérêts communs qui créent des liens d'influence.

Cartographie d'influence dans votre brief
Décideur probable : Thomas K. (pas son manager)
Bien que Sarah L. soit officiellement Head of Sales, Thomas K. (RevOps Director) apparaît dans 6 conversations LinkedIn liées à des décisions d'outils. Il est connecté à 4 des 7 personnes impliquées dans votre process. Probabilité qu'il soit le vrai gate-keeper : élevée.
Voir notre approche ONA →
Sources académiques
Cross, R., & Parker, A. (2004). The Hidden Power of Social Networks. Harvard Business Review Press.
Burt, R. S. (1992). Structural Holes: The Social Structure of Competition. Harvard University Press.
Wasserman, S., & Faust, K. (1994). Social Network Analysis: Methods and Applications. Cambridge University Press.